
mercredi 03 octobre 2012
Cette restauration des Appartements Royaux, propriété de l’état, a été promue et soutenue par le Comité Français pour la Sauvegarde de Venise, par le biais de différents mécénats.
Le 10 juillet prochain Venise réévoque le mythe de Sissi avec l’inauguration des salles qui lui étaient réservées dans les Appartements Impériaux d’Autriche, situés dans le Palais Royal de Venise. Les longs travaux de restauration ont en effet permis de retrouver la magnificence de leurs fresques, des stucs et des marmorini, des cheminées, des portes et des fenêtres, sans oublier les sols et les décorations de ces neuf splendides salles. Les nouvelles salles en seront insérées dans le parcours du Musée Correr, offrant ainsi un itinéraire absolument inédit et inattendu, qui s’ajoute au parcours se dénouant le long de la place elle-même, et qui continue donc désormais sur la façade arrière donnant sur les Jardins Royaux et sur le bassin de Saint-Marc.
SISSI à VENISE
Au cours de la visite de 1856, comme au cours des séjours suivants, Sissi résida dans les très beaux appartements du Palais Royal – dans ladite Aile Napoléonienne des Procuraties Nouvelles situées sur la Place Saint-Marc – qui avaient déjà connu de profonds remaniements dans les années 1830 pour la visite de Ferdinand Ier et qui, justement en prévision de l’arrivée du couple impérial et en l’honneur de la fascinante impératrice, avaient fait l’objet d’un nouvel aménagement et de nouvelles ornementations, pour lesquels on avait même expressément institué une commission.
Ce fut le cas, notamment, pour la Salle des Audiences de S. M. ’Impératrice et pour son cabinet d’études ; pour la chambre à coucher – avec la pose de la riche tapisserie néo-baroque bleue et or – mais surtout pour la réalisation de son délicieux boudoir. Le cabinet de toilette, personnalisé pour la jeune Sissi et redécoré par le célèbre ornemaniste Giovanni Rossi, présente des plafonds réalisés en un très fin marmorino avec l’inclusion de micro-cristaux brillants. Le médaillon central représente La déesse protectrice des arts, dont le visage rappelle de toute évidence les traits de la belle souveraine d’Autriche, tandis sur le mur se trouve La toilette de Vénus.
Partout se déploient des guirlandes et des motifs fantaisistes, formés de stucs blancs entremêlés et ornés d’or ou de couleurs, qui s’ajoutent à des fleurs polychromes où ressortent tout particulièrement des brins de muguet et des bleuets. Aux angles de la pièce se trouvent des aigles en stuc, soutenant les armoiries des royaumes d’Autriche et de Bavière. Faire et défaire, c’est toujours faire, aurait noté dans ses Diari Cicogna, un aristocrate vénitien, à l’occasion de la seconde visite de Sissi, en 1861, alors qu’il commentait les modifications auxquelles on envisageait à nouveau de procéder dans les salles et les jardins du Palais Royal vénitien.
Ce lieu est une véritable source de merveilles, mais certains ignorent encore que Venise aussi a son Palais Royal, monumental et fortement représentatif, en plein coeur de la ville. Il fut construit sur la volonté de Napoléon, dans le cadre du renouvellement des palais royaux européens et fut destiné, dans les années suivantes, à accueillir justement les empereurs et les archiducs d’Habsbourg puis, à partir de 1866, les altesses royales de la maison de Savoie, qui y établirent leur demeure vénitienne.
LA RESTAURATION
Elles ont fait l’objet de travaux de conservation grâce au Comité français présidé par Jérôme Zieseniss, qui intervient depuis l’année 2000 étape après étape pour redonner toute sa splendeur passée à cet exceptionnel édifice, où le style Empire et le style Biedermeier s’allient pour former un ensemble unique et fascinant, grandiose et intime à la fois. Cette restauration a remis à jour les décorations de Giuseppe Borsato, les ornementations de Giovanni Rossi et les stucs dorés. Les nouvelles tapisseries, qui sont fidèles à l’original, ont été expressément réalisées et offertes – comme les tissus des riches tentures – par Rubelli-Venezia. L’atmosphère de l’époque a été également recréée en insérant le précieux mobilier d’époque napoléonienne (le magnifique lit, conçu pour
le repos du vice-roi d’Italie Eugène de Beauharnais, est en pur style Empire). Tout est prêt. Ce trésor perdu peut à nouveau resplendir et le mythe de Sissi se reflète désormais dans les eaux du Bassin de Saint-Marc ! La restauration des pièces de l’apaprtement de l’Impératrice a été rendu possible grâce au soutien de la Fondation Florence Gould (salle à manger et antichambre de l’Impératrice), LVMH (salon des Dames d’honneur de l’Impératrice), Rubelli (pour l’ensemble des tissus), le World Monument Fund (salle à manger royale), Monsieur et Madame Henry Hermand (bureau de l’Impératrice), Madame France Majoie Le Lous (Salon des Audiences), Madame Alain Mérieux (boudoir de l’Impératrice), et d’autres généreux donateurs.
RUBELLI AU PALAIS ROYAL DE VENISE
Rubelli, entreprise vénitienne historique de tissus (et aujourd’hui, également de meubles et d’éléments de décoration haut de gamme), participe de nouveau à la restauration des tissus d’ameublement d’une demeure historique sous la double casquette de fournisseur et de mécène.
Après avoir offert les rideaux de la Sala dei pranzi settimanali (la pièce dédiée aux repas pendant la semaine) et de la Sala Ovale (Salle Ovale) avec 3 lampas ouvragés, Rubelli fait maintenant son entrée dans 4 salles donnant sur la Place Saint Marc.
Les nouveaux tissus sont le fruit d’un travail de reconstruction complexe et précis – tant des stylistes que des techniciens de Rubelli – de lampas aux lions en pure soie à l’origine, repris fidèlement dans le dessin, les coloris et les proportions ; mais pas dans la matière initiale, car dans les espaces publics (dont les musées), pour satisfaire aux normes de sécurité les fibres non feu remplacent la soie.
La première phase du travail a été consacrée à l’étude de la couleur. Pour s’approcher aussi près que possible de la teinte de la tapisserie d’origine, on a examiné les fragments de tissu les mieux préservés au cours des siècles ; en particulier ceux récupérés sous les boiseries ou derrière les meubles, donc moins exposés à la lumière, à la poussière et aux frottements. Les variantes de couleur des trois lampas du 19ème siècle étaient à titre indicatif : le jaune-rouge, le rouille-beige et le bleu-beige, avec des nuances et des dégradés extrêmement élaborés et élégants. Un examen attentif et une série d’essais de teinture tant de la trame que de la chaîne, ont permis de reproduire les tonalités raffinées des tissus originaux. L’ensemble de ce travail est fondé sur une approche presque artisanale, dans laquelle les dessins ont été exécutés à la main pour reproduire les effets des lampas d’origine, tous très riches.Le relevé graphique du motif a été suivi de la mise au point de la structure, une étape qui exige une grande minutie.
Le Comité Français pour la Sauvegarde de Venise
Créé il y a 45 ans par un compagnon du Général de Gaulle, en réponse à un appel lancé par l’Unesco après les grandes inondations de 1966, le Comité français pour la sauvegarde de Venise s’attache depuis douze ans à la renaissance du Palais Royal de Venise, trésor des arts décoratifs oublié depuis un siècle au coeur de Venise, place Saint Marc. Créé sur ordre de napoléon en qualité de roi d’Italie, habité pendant un demi-siècle par les Habsbourg, puis par les Savoie, ce palais doit la plus grande partie de sa décoration à giuseppe Borsato, remarquable peintre et décorateur vénitien néoclassique, disciple de Percier et Fontaine, qui sut s’adapter avec brio à l’évolution du goût pendant la première moitié du dix-neuvième siècle. A la fin de la monarchie, le palais fut morcelé, une partie formant le Musée Correr, tandis que les ex-Appartements royaux étaient malheureusement transformés en bureaux administratifs.
Après avoir financé la restauration de larges espaces inclus dans le Musée, le Comité français pour la sauvegarde de Venise a entrepris de faire libérer les autres pièces et de les restaurer grâce au mécénat privé, sous la direction de la Soprintendenza per i Fondazione Civici Musei di Venezia. Neuf pièces seront inaugurées en juin 2012 : les Appartements de l’Impératrice Elisabeth d’Autriche « Sissi ».
Musée Correr - Palais Royal de Venise
http://cfsvenise.org
www.correr.visitmuve.it
www.italia.it
www.enit.it
infoitalie.paris@enit.it