
vendredi 20 juillet 2012
Après l’américain Jeff Koons, le japonais Takashi Murakami, les français Xavier Veilhan et Bernar Venet, elle sera la première femme, la plus jeune artiste aussi, à se mesurer à la référence historique absolue qu’est Versailles.
Il faut avoir écouté Joana Vasconcelos dans son atelier, ce vaste dock sur les quais de Lisbonne, pour comprendre qu’il s’agit-là de la rencontre d’une vie. « J’ai toujours pensé à Versailles » confie-t-elle tandis qu’elle explique son univers à la fois exubérant et raffiné, précis et démesuré. Elle a conçu cette exposition non pas comme une décoration de l’espace mais comme l’appropriation contemporaine d’un lieu mythique.
Joana Vasconcelos ne cherche pas à s’intégrer à Versailles, elle s’y confronte. Son travail fait de détournements, de métamorphoses et de déplacements d’objets croise les temps et décale les symboles.
Inspirée par la force mythologique et esthétique du Château de Versailles, Joana Vasconcelos va plus loin encore dans son questionnement du luxe et du beau, en proposant de nouvelles oeuvres, spécialement conçues pour lui. En même temps, elle s’attache à la figure de la Femme, singulière, omniprésente dans sa réflexion… comme elle l’est à Versailles. C’est une esthétique populaire et sophistiquée à la fois, un dialogue entre passé et présent qui renvoient à l’histoire même.
Aussi l’exposition de Joana Vasconcelos autant qu’une folie éphémère est un moment de l’histoire.
Elle s’offre aux visiteurs de Versailles avec ses harmonies et ses dissonances. Et sa magie aussi.
Catherine Pégard
Présidente de l’Etablissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles
www.chateauversailles-spectacles.fr
Du 19 juin au 30 septembre 2012