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Vie pratique / Beauté

présenté par Laurence Dorlhac

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samedi 11 décembre 2010

Les parfums "nouvelles versions"

Vous allez peut être avoir envie d’offrir un parfum très bientôt et vous avez remarqué que certaines nouveautés portent des noms déjà connus ...

Par exemple "Belle d’Opium" chez Yves Saint Laurent qui fait un tabac alors qu’on se souvient encore du succès d’Opium dans les années 70, "Trésor in love" chez Lancôme qui arrive 20 ans après son ainé "Trésor", "Coco mademoiselle" chez Chanel créé dans le sillage de Coco, Miss Dior Chérie et Miss Dior lui même né en 1947 pour la collection New Look de Christian Dior... L’industrie du parfum serait elle en manque d’idées de noms pour reprendre ainsi les mêmes histoires ? Que nous vend-t-on alors ? ... Laurence Dorlhac s’est interessée a ces versions nouvelles et a cherché pour Télématin a savoir de quoi il retournait....

Remerciements aux maisons Chanel, Dior, L’Oréal produits de luxe pour Armani, Yves Saint Laurent, Lancôme, P&G prestige products pour la saga Hugo Boss
Ainsi qu’à l’hotel Seven 20 rue Berthollet 7500 01 43 32 47 52
Plus d’infos :
www.sevenhotelparis.com

Pour en savoir plus...

Notes d’entretien préparatoire avec Sabine Chabbert journaliste dans l’industrie du parfum, et auteur du livre "La cuisine des nez" paru aux edition terre bleue,et Elisabeth Carre conseil en developpement de fragrances société Nose about.

QUESTION : Pourquoi les marques se sentent obligées de créer de nouvelles versions ?

Sabin Chabbert : "Plusieurs cas de figure motivent cette décision : 1er cas de figure : le changement de cap

Le parfum original ne donne pas tout de suite le résultat escompté, il « n’a pas trouvé son public » comme disent sobrement les marques, et il faut très vite relancer un parfum, pas tout à fait le même mais très inspiré du premier dont il doit vite prendre la place en rentrant dans un costume déjà tout prêt."

Elisabeth Carre : "Gio d’Armani, lancé en 1992, est vite rejoint sur le marché parAcqua di Gio pour femme en 1995 puisAcqua di Gio pour homme en 1996, deux immenses succès. Cette année, Armani a lancé Acqua di Gioa pour femme, une autre façon de continuer la saga, en jouant sur le mot Gioa, qui n’est plus le diminutif de Giorgio Armani mais le mot joie, en italien. Acqua di Gio est devenue ce que l’on appelle une marque ombrelle, ou une franchise, et il s’agit alors de rentabiliser cette franchise. Ou encore Coco de Chanel lancé en 1984, et sa version américaine lancée en 2001. C’est Coco Mademoisellequi revient en boomerang sur le vieux continent et fait un énorme succès".


Sabine Chabbert : "Il y a aussi un 2èmecas de figure : « Mère et fille, père et fils ». Le parfum original est un superbe succès qu’on peut encore et toujours exploiter. Il faut alors chercher à recruter un peu plus largement autour de sa cible, avec un nom approchant, une fragrance plus facile ou moins segmentante, un flacon déjà amorti ou customisé intelligemment. Ces érosions de clientèles sont évidemment plus faciles et moins onéreuses à récupérer avec une Version 2 du parfum qu’avec un parfum créé ex nihilo : autant surfer sur une réputation établie, en déclinant son nom, sa fragrance et sa communication. Il s’agit alors de relancements, et bon nombre de monstres sacrés l’ont fait".

Elisabeth Carre : "Shalimar et Shalimar Eau légère, XS et black XS pour homme et pour femme, Trésor en 1990 et Trésor in love récemment, Opium avec Belle d’Opium. Sans oublier la saga Poison, qui se décline en Tendre, en Hypnotic, etc… Cela permet de donner un coup de projecteur sur le parfum original, ce qui est toujours bon, et de séduire les générations plus jeunes. Qui peut-être découvriront à cette occasion le parfum original et s’en amouracheront ! C’est le cas avec Miss Dior Chérie et Miss Dior, lancé en 1947 pour la collection New Look de Christian Dior…".


Sabine Chabbert : "3ème cas de figure : les animations. Pour exister sur le point de vente, il faut créer des animations. Ce ne sont que des déclinaisons de l’existant, parfums d’été, du soir, de Noel, de Saint Valentin, du matin, fruité rouge, fruité jaune, etc, jusqu’aux récoltes millésimées des fleurs entrant dans leur composition. Cela peut parfois être perturbant pour les consommateurs qui risquent de ne pas s’y retrouver, à la fois dans le linéaire et dans leur relation à la fragrance, mais il ne s’agit pas a priori de références amenées à durer.Sauf si l’animation se comporte mieux que prévu et dépasse les objectifs. Et peut alors se retrouver parfum en titre…La gloire".

Elisabeth : "Analyse rapide du travail fait sur ces nouvelles références de parfums, concentrations modifiées, facettes exploitées plus qu’une autre…Autant de boulot que pour une création, mais il faut souvent bcp plus d’imagination dans cet exercice de style que pour réécrire quelque chose de différent. La paraphrase n’est pas simple".

http://forums.france2.fr/france2/telematin/liste_sujet-1.htm
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